Entretien avec Jiang Zemin - 26 février 1997 - Asian Affairs

Cet entretien a eu lieu en anglais à Pékin

 

Serge Berthier (SB) - Monsieur le Président, vous êtes le chef de l'état de l'un des derniers pays communistes de la planète. Ce pays est sans cesse vilipendé et critiqué dans les médias occidentaux qui accusent le gouvernement de ne pas être démocratique. En fait, on a le sentiment que plus l'économie s'ouvre, moins le système politique s'assouplit. Comment qualifiez-vous le système politique du pays aujourd'hui?

Jiang Zemin (JZ) - Nous sommes un pays socialiste.

SB - Qu'est-ce que ça veut dire?

JZ - Je pourrais vous citer la constitution chinoise. Elle dit que le pouvoir appartient au peuple mais ce qui compte vraiment c'est de comprendre comment ce pouvoir est délégué à travers divers organes constituant l'état et comment le peuple exerce son autorité. Dans notre pays, le peuple délégue son autorités à deux chambres (2) et c'est là que s'exercent les arbitrages et le pouvoir. Ces deux chambres sont les deux pierres de fondation du système politique actuel.

SB - Si c'est le cas, quel est le rôle alors du parti communiste dans ce système que vous présentez comme parlementaire?

JZ - Il amalgame les diverses tendances qui existent dans le système politique. Il donne la direction. Vous savez, la Chine n'est pas un pays dirigé par un seul parti. Il existe d'autres tendances, d'autres organisations politiques. Il y a une large autonomie dans les régions où se concentrent des minorités ethniques importantes. En conséquence, il est impossible d'agir sans consulter les différentes parties, les groupes ethniques, etc… D'une certaine façon, c'est là le rôle du parti.

SB - Ne serait-il pas possible d'avoir une structure politique similaire à celle adoptée par les pays occidentaux, ce qui éviterait la litanie de critiques dont la Chine est l'objet?

JZ - La structure politique d'un pays se doit d'être en harmonie avec le caractère du pays. Ce que je veux dire par caractère, c'est son histoire, sa structure sociale, son espace économique, ses traditions et les conditions naturelles qui y règnent. Il est évident que la Chine est très différente de tous les autres pays du globe. La plupart du temps, son énorme taille est le critère cité en premier mais il y a bien d'autres aspects qui font de la Chine un pays à part. Nous croyons fermement que notre système politique non seulement est en adéquation avec les conditions spécifiques de la Chine mais qu'il respecte les droits politiques de nos concitoyens, maintient une cohésion nationale indispensable, une harmonie ethnique et une stabilité sociale évidente. Sans stabilité sociale, rien ne peut se faire.

SB - L'Histoire nous a appris qu'en Occident, nous avons achevé cela mais en suivant une voie différente. Qu'est-ce qui vous fait dire que le choix fait en Chine est le meilleur?

JZ - En effet l'Occident a fait un choix différent. Néanmoins, même parmi les pays occidentaux, les structures politiques diffèrent notablement d'un pays à l'autre, certains ayant adopté un régime présidentiel fort et d'autres un système parlementaire fort. Il faut reconnaître que les structures politiques ne sont pas toutes identiques. Il n'y a pas une structure "correcte" et une autre "incorrecte". Pouvons-nous en réalité juger le système politique d'un pays en le comparant à un autre? Je ne crois pas. Ne pas tenir compte des conditions naturelles et historiques d'un pays par rapport à un autre n'a aucun sens. Chaque pays est unique et diffère de son voisin. Les conditions dont les politiciens doivent tenir compte étant uniques, les solutions adoptées s'appliquent à tel out tel pays et seulement à celui-ci. Croire le contraire est naïf.

SB - Certainement, mais la donne à laquelle vous vous référez évolue. Elle n'est pas immuable dans le temps. Les sociétés changent. Par exemple l'impact des décisions prises par Deng Xiaoping d'ouvrir l'économie chinoise au commerce international a déjà changé beaucoup de choses dans le pays et ce changement ne peut être nié.

JZ - Tout à fait. Les choses changent et notre système politique évolue de concert. Des réformes politiques ont lieu à tout niveau et à tout moment (4). Toutes visent à renforcer notre démocratie socialiste et à améliorer le système judiciaire.

SB - L'ouverture économique dont nous sommes témoins va-t-elle être suivie d'une ouverture politique?

JZ - Réformer un système politique est un processus évolutif. Rien ne nous empêche d'assimiler certains aspects de ce qui se passe ailleurs quand c'est possible. Mais cette évolution doit maintenir l'intégrité des traditions qui ont si bien servi la Chine et qui ont résisté à l'épreuve du temps.

SB - En résumé. ce que vous revendiquez, c'est le droit d'être différent et de suivre votre voie. Dans l'arène internationale, comment appliquez-vous ce principe?

JZ - Nous partageons avec les autres pays les mêmes préoccupations. Paix et développement sont les deux principales préoccupations du monde d'aujourd'hui. Nous les partageons. Comme les autres, nous voulons maintenir un environnement pacifique et entretenir des relations cordiales. Promouvoir un développement pour tous est ce que souhaite tout le monde. La pauvreté, le chômage, l'immigration massive, la criminalité, la surnatalité, la dégradation de l'environnement, l'abus des drogues et le terrorisme: voilà les problèmes extrêmement sérieux que nous partageons tous dans un monde global. Bien que leur condition originelle soit totalement aux antipodes l'une de l'autre, la Chine et l'Occident partagent dans ces domaines les mêmes soucis et la même approche sur ces problèmes internationaux. Ce lit commun explique l'amélioration permanente des relations de la Chine avec le reste du monde.

SB - Bien entendu mais cette "amélioration permanente" n'est pas un long fleuve tranquille. Au-delà de la volonté affichée d'établir et de maintenir des relations stables et paisibles avec l'Ouest, à quoi attribuez-vous les constantes frictions qui semblent caractériser les relations entre la Chine, les Etats-Unis, la France ou le Japon, pour ne citer que quelques pays qui de temps à autre sont en froid avec votre pays?

JZ- Construire un univers stable et paisible autour de nous est notre objectif permanent dans le but d'achever ce que tout le monde souhaite, c'est-à-dire la paix et la prospérité de tous. Personne ne doit douter un instant de notre volonté dans ce domaine mais il est indispensable que notre interlocuteur, quel qu'il soit, partage ce désir. Ceci est indispensable au dialogue et à la coopération qui peut se développer si chacun respecte l'autre et se considère son égal. Vous savez, un leader politique doit prendre de la hauteur et ne pas regarder les problèmes au ras des pâquerettes. Il doit avoir une vision à long terme et fuir les avantages temporaires qui sont instables. Plus on voit loin en politique internationale, mieux c'est. Les leaders de la Chine ainsi que les leaders du monde occidental doivent conduire les affaires en ayant le XXIe siècle à l'esprit. Bien entendu, il y a toujours des problèmes immédiats qui interfèrent avec les intérêts à long terme des uns et des autres. La seule façon de les traiter et de les résoudre sans dégât c'est de prendre de la hauteur.

SB - Autrement dit, vous attribuez au manque de hauteur des leaders occidentaux les incidents et problèmes qui émaillent les relations entre la Chine et l'Ouest. Vous attribuez cela au fait que personne ne tient compte des conditions particulières de la Chine. Que faudrait-il faire alors pour mettre fin à ce perpétuel malentendu?

JZ - Chacun devrait adhérer à trois points fondamentaux. Le premier est de simplement admettre une fois pour toute que des divergences existent. En effet, si vous admettez que le monde n'est pas uniforme, que l'autre est différent, vous pouvez rationaliser ces différences et vous expliquer ce qu'elles signifient.

SB - Ensuite ?

JZ - Le second point est d'admettre que la richesse du monde est due à sa diversité. C'est cette diversité qui est à l'origine de la richesse. C'est la base même de la prospérité. C'est aussi cette diversité qui a rendu nécessaires les relations entre peuples et la nécessité de coopérer les uns avec les autres. Mais coopérer ne signifie nullement standardiser. Coopération ne signifie absolument pas suppression des différences. Prenez l'Europe. Même si tous les pays européens essaient de coopérer dans un marché commun, chaque pays revendique bruyamment son droit à être différent, ethniquement et culturellement.

SB - Cela va à l'encontre de ce nouveau concept dont ont parle tous les jours: la globalisation. Comment alors réconcilier globalisation et diversité?

JZ - Les relations internationales se doivent d'être basées sur les Cinq Principes de la Coexistence Pacifique. Il faut admettre d'emblée que nous sommes différents culturellement, sociologiquement et économiquement, et ceci absolument partout dans le monde. Nous devons humblement admettre qu'on ne va pas résoudre tout partout à la même vitesse et de la même façon. C'est absolument impossible. Bref, nous devons reconnaître qu'il existe une grande diversité dans la condition humaine.

SB - Est-ce suffisant pour tout justifier?

JZ - Non. Admettre simplement que nous sommes différents ne sert à rien si on n'abandonne pas la mentalité de la guerre froide qui nous entoure depuis des décennies.

SB - C'est-à-dire?

JZ - Cette habitude du plus fort imposant au plus faible ce qu'il veut. Cette habitude doit cesser car elle ne résoud rien.

SB - En plus du fait qu'iil faut à chacun reconnaître que la Chine est différente des autres, que faut-il faire pour avoir un dialogue qui ne soit pas de sourds avec votre pays?

JZ - En plus de la savoir différente, il faut la comprendre. Les gens oublient rapidement lorsqu'ils viennent ici que la Chine est le plus grand pays en voie de développement. Il n'y a absolument rien d'une taille comparable sur la terre. C'est un fait qu'il ne faut jamais oublier. L'échelle des choses est sans comparaison avec les autres pays. La Chine est la Chine et rien d'autre.

SB -Soit, mais en dehors du nombre, de la dimension, en quoi la Chine est-elle infiniment différente? Est-ce son potentiel économique, sa diversité géographique qui est vaste mais pas unique? Qu'et-ce en définitive?

JZ - La taille n'est pas le seul critère. Prenons ici de la hauteur pour y réfléchir. Si la Chine, un cinquième de la population mondiale, réussit à rester politiquement stable, cela engendrera une prospérité sans pareille. En soi, cette prospérité sera partagée par le reste du monde et elle engendrera la paix. A l'inverse, supposez que la Chine plonge dans l'instabilité politique. Il s'ensuivrait immédiatement une paupérisation du pays et un retour en arrière, comme cela s'est produit dans les anneees 1900. Croyez-vous que cette paupérisation serait sans effet sur le reste du monde? Non, elle entrainerait une instabilité chronique ailleurs. La Chine a une responsabilité globale parce que ce qui se passe ici à un effet ailleurs immédiatement. La prospérité de la Chine est d'une importance capitale pour le reste du monde et chacun doit en être conscient.

SB - Mais n'est-ce pas le cas? Tout le monde se réjouit des avancées de l'économie chinoise.

JZ - Oui et non. Chacun en est satisfait mais jusqu'à un certain point au-delà duquel on parle volontiers de la menace chinoise, de l'émergence d'une nouvelle "super-puissance". Cela est totalement faux et n'a pas de sens.

SB - Comment s'en étonner? Plus l'économie se développe, plus la Chine est puissante. Dans le passé les pays les plus puissants étaient les maîtres du monde. Ce raisonnement est-il aussi absurde que ça?

JZ - La Chine n'est pas un pays industrialisé et il faudra beaucoup de temps pour qu'il le soit. C'est un pays en voie de développement avec encore beaucoup de territoires non développés. Il va encore falloir énormément de temps pour que le niveau de vie de tous les Chinois s'améliore. Je dis "tous les Chinois", pas seulement une partie du pays. Pour accélérer son développement, ouvrir le pays et moderniser les campagnes reculées, la Chine a besoin de temps et de paix. Si un jour, la Chine atteint le niveau d'un pays développé, toute sa population en bénéficiant, cela ne voudra pas dire que le pays sera devenu une menace pour d'autres. Une fois de plus, les pays de l'Ouest doivent abandonner leurs réflexes coloniaux. La Chine est énorme et a assez sur sa planche au quotidien. L'Ouest doit abandonner ses préjugés à notre propos.

SB -Vous mentionniez trois principes pour éviter tout malentendu avec la Chine. Le premier était le principe de diversité, le second celui de la taille de la Chine. Quel est le troisième?

JZ - Le troisième concerne l'économie et le commerce. Quand bien même le poids de l'économie chinoise est désormais subtantiel, alors qu'il était négligeable sur la scéne mondiale, la Chine reste un pays qui en est au premier stade de son développement économique si on considère sa production per capita. Il ne faut donc pas tout confondre et entretenir une confusion permanente sur notre soi-disant puissance économique et notre commerce international.

SB - Je suppose que vous faites allusion au surplus de la balance commerciale qui n'est pas négligeable et qui ne peut que grandir…

JZ - Oui. Tout le monde est conscient que le développement de la Chine via ses exportations a enrichi la population chinoise. Désormais le potentiel que représente le marché chinois est bien entendu important et cela attire les hommes d'affaires du monde entier. Il ne peut en résulter qu'une situation bénéfique pour tous, les pays occidentaux amenant leur technologie et nous notre main-d'oeuvre nombreuse et disponible.

SB - Personne ne met en doute cela…

JZ - Certes mais le fait que la Chine et le reste du monde sont complémentaires économiquement n'est pas encore bien compris dans certains milieux, une fois de plus à cause de la taille du pays (6). Prenez l'OMC. Nous avons dit de multiples fois que l'OMC ne peut prétendre être une organisation internationale si la Chine n'y est pas. Cela vexe certaines personnes mais c'est un fait mathématique. Il est aussi évident que puisque nous ne sommes qu'à un stage primaire de développement, on ne peut pas nous demander des chosesqu'il serait totalement inapproprié de mettre en place dans le pays.

SB - Certes, mais que le OMC, sans la Chine, se proclame une organisation internationale n'entache que sa crédibilité. Quel est en fait l'impact de son comprtement sur la Chine?

JZ - Certains pays occidentaux ont adopté des mesures discriminatoires vis-à-vis de la Chine, en toute liberté. Ces mesures en fait affectent divers pays et en réalité elles ne servent ni les pays qui les mettent en place ni la Chine ni les autres. Elles sont simplement néfastes au développement économique global. Comme je l'ai dit, pourquoi les leaders du bloc occidental refusent-ils de prendre de la hauteur et de regarder le long terme?

SB - Les analystes occidentaux qui se penchent sur la région disent que Taïwan est le problème le plus critique du tournant du siècle. Comment voyez-vous les relations évoluer?

JZ - Dans ce domaine, ce qui est important c'est de respecter le principe d'une seule Chine sur la scène internationale. Il n'y a qu'une Chine et c'est la République Populaire de Chine. C'est le seul représentant légal de toute la Chine. Nous avons dit et répété que Taïwan fait partie intégrante de la Chine. Ceci a été reconnu dans toutes les instances internationales.

SB - Bien entendu mais il est tout aussi clair que Taïwan gère ses propres affaires sans en référer à Pékin. Comment réconcilier la réalité avec le discours?

JZ - Taïwan est en effet une question primordiale. Mettre fin à la discorde et la réunifier avec le reste du pays est l'aspiration de tous les Chinois, qu'ils vivent en Chine ou à l'étranger. Sur les questions de souveraineté, les gouvernements n'ont pas de marge de manoeuvre. Il s'agit du pays et Taïwan en fait partie.

SB - Certes, mais concrètement comment voyez-vous la situation évoluer?

JZ - Comme celle de Hong Kong avec le principe d'une Chine, deux systèmes.

SB - Dans le cas de Hong Kong, il s'agit d'un pays étranger rétrocédant à la Chine le territoire saisi pendant une guerre. A Taïwan, il s'agit de Chinois ayant fui le continent pendant une guerre civile. Ce n'est pas tout à fait identique.

JZ - Nous voulons résoudre nos différences calmement et paisiblement. Le 30 janvier 1995 j'ai fait une proposition en huit points. J'ai proposé notamment de mettre officiellement fin au stade d'hostilités. Mes propositions (8) offrent une plate-forme raisonnable de discussion pour faire avancer les choses.

SB - Mais elles n'avancent guère alors que sur le plan économique l'intégration de Taïwan dans la machine économique chinoise se déroule sans anicroche. Pourquoi?

JZ - Nos proposions montrent notre sincérité mais les autorités taïwanaises semblent plus intéressées à compliquer les choses qu'à les simplifier. Pour que les choses avancent, il faut que Taïwan cesse d'entretenir la confusion dans les instances internationales. Je l'ai dit, il n'existe qu'une Chine et il faut qu'elles s'y fassent.

SB - Un autre problème qui alimente la chronique des médias régulièrement est celui du Tibet. Pourquoi, à votre avis, le Tibet attire-t-il autant l'attention des Occidentaux?

JZ - Il y a en Chine cinquante-six minorités ethniques. Les Tibétains sont l'une de ces minorités dont personne ne parle. Depuis les temps immémoriaux, la région tibétaine a vécu sous la tutelle des différents gouvernements centraux de la Chine. Le Tibet est donc une région de la Chine. Tout comme les autres régions habitées par des minorités ethniques aux traditions différentes, le Tibet dispose d'une autonomie régionale importante. Grâce à l'assistance et au support du gouvernement central, la région s'est développée et les gens qui vivent là vivent pour une large part en harmonie avec les autres. Le niveau de vie ne cesse de s'y élever bien que ce soit un lieu géographiquement difficile et ingrat. J'ajoute que nous y garantissons la liberté des cultes.

SB - Néanmoins le Tibet fait régulièrement la une des journaux occidentaux et on évoque à son propos un lent génocide culturel. Pourquoi de telles rumeurs persistent-elles si elles sont sans fondement?

JZ - C'est assez simple. En 1959, le Dalaï-Lama et quelques autres membres du gouvernement local ont organisé une rébellion armée. Leur objectif était de préserver leur droits féodaux et le servage sur lesquels reposait leur pouvoir depuis toujours. Pour achever cela le Dalaï-Lama n'avait pas d'autre choix que de faire sécession puisque le Chine a aboli tous les droits féodaux. La rébellion échoua et le Dalaï-Lama et ses conseillers n'eurent alors que le choix de fuir. Depuis, il s'accroche à sa position avec la connivence de certaines puissances étrangères.

SB - Récemment j'ai lu que le Dalaï-Lama avait changé ses revendications, disant qu'il ne supportait plus l'indépendence du Tibet et qu'il était prêt à reconnaître la souveraineté de la Chine sur la région …

JZ - En réalité, il n'a jamais eu l'intention d'arrêter ses activités séparatistes. Non seulement il envoie des agents dans la région tibétaine pour organiser des émeutes et des revendications, mais il voyage constamment dans le monde entier pour internationaliser la question du Tibet. Vous savez aussi bien que moi que certaines forces étrangères le soutiennent, le financent et le couvrent de lauriers en inventant occasionnellement d'extraordinaires mensonges. La vérité est différente. Le Tibet est ouvert et accueille volontiers des touristes du monde entier et ces derniers peuvent voir ce qu'il en est. Le Tibet n'a rien à voir avec le folklore rapporté à son propos. Les Tibétains sont juste une minorité comme les autres et ces régions se développent sans problème. Elles bénéficient toutes de l'essor de l'économie chinoise.

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Cet entretien entre Serge Berthier et Jiang Zemin a été publié dans une version éditée par la rédaction du Figaro sans autorisation de l'auteur.

Note de l'auteur: Pour comprendre les observations de Jiang Zemin, il faut savoir que la Chine a deux chambres ayant chacune plus de 2 900 membres. Seule la première chambre peut passer des lois. Selon la constitution, la Chine compte 22 provinces (y compris Taïwan), 5 régions autonomes et quatre municipalités ayant statu identique en raison de leur taille (plusieurs dizaines de millions d'habitants!). Les provinces et régions sont divisées en préfectures (165), comtés (2046) et districts (620). Chaque entité administrative à un conseil local élu pour trois ans. Ce conseil élit les députés des chambres provinciales et régionales pour 5 ans. Ces députés élisent à leur tour les membres de la chambre nationale. Parallèlement, le parti communiste chinois est organisé exactement de la même manière avec des comités locaux, provinciaux puis nationaux. Au sommet existe le bureau central composé de 22 membres et deux suppléants.

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